Tour de France 2008 : Manuel Dueñas Nevado entendu par les autorités judiciaires

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17 juillet 2008. – L'Espagnol Moisés Dueñas Nevado a été placé en garde à vue à la suite de la notification faite hier de son contrôle positif à l'EPO. Exclu de la course par son équipe, il a passé toute la journée hier et la nuit au commissariat de Tarbes.

Selon les premiers éléments de l'enquête, des produits non prescrits et non fournis par le médecin de sa formation auraient été saisis. Le manager de l'équipe, Claudio Corti, et le médecin Massimiliano Mantovani ont été également entendus par la Gendarmerie. Par ailleurs, des perquisitions ont été faites dans les véhicules de la formation Barloworld. Ceci constitue un nouveau coup dur pour cette équipe. Elle avait essuyé l'abandon de son leader, le Colombien Mauricio Soler, des suites d'une chute.

Selon les responsable de l'AFLD, Dueñas faisait partie des coureurs ciblés : « On le suivait, on s'intéressait à son cas », confie Pierre Bordy[1] à l'AFP.

À 9 heures, ce matin, Dueñas a été déféré au Parquet puis présenté devant le juge d'instruction où il devrait se voir signifier sa mise en examen. Le procureur de la République Gérard Aldigé a indiqué qu'il ne requérait pas de mise en détension provisoire. En revanche, une information judiciaire pour « fait d'usage et de détention de plantes ou de substances vénéneuses » a été ouverte. L'intéressé est également poursuivi pour « importation de marchandise prohibée ». Dueñas est ressorti libre du palais de justice après avoir été mis en examen pour les motifs sus-indiqués.

Cette affaire a provoqué la réaction de l'État espagnol qui trouve regrettable que cette affaire de dopage sur le Tour n'ait concerné que des Espagnols. Le secrétaire d'État aux sports, Jaime Lissavetzky, a indiqué à l'AFP qu'il attendait le résultat des contre-analyses tout en réclamant la prudence.

L'équipe Barloworld n'aura pas attendu le résultat de ces contre-analyses : elle a décidé de licencier immédiatement Dueñas avant le départ de la douzième étape.

Par ailleurs, les résultats des perquisitions ont permis d'établir que Dueñas détenait des pochettes de sang, des seringues ainsi qu'un médicament. Ce dernier, dénommé TAD, ne bénéficie pas d'une autorisation de mise sur le marché sur le sol français. Selon le Parquet, « d'autres produits inconnus ont été découverts dans ses valises qui vont faire l'objet d'expertises ». Il s'agirait selon le Procureur de la République, « de nombreux produits suspects non identifiés et dont les principes actifs ne sont pas connus pour l'instant. [Ils] ont également été saisis sous forme liquide, en cachet, en poudre et en sachet. M. Duenas reconnaît avoir acheté et employé ces produits dont il ignore la composition mais qui permettent selon lui d'améliorer ses performances »

En revanche, ces mêmes recherches de produits illicites au sein de la formation dans laquelle il évoluait se sont avérées négatives.

Notes
Voir aussi : la série « Dopage dans le cyclisme »


Sources


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