Nucléaire : un scénario alternatif propose 24 EPR d'ici 2050

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Chantier de l'EPR à Flamanville (Normandie)

Le think tank « Cercle d'Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique » (Cérémé) a publié un scénario alternatif dont les conclusions envisagent « une relance beaucoup plus importante du nucléaire, avec un prolongement des centrales actuelles jusqu'à 70 ans et 24 EPR en fonctionnement à horizon 2050, soit 80% du mix électrique à cet horizon » contre un peu moins de 70% en 2021. Le think tank regrette qui « le rapport RTE 2050 n'a retenu que des scénarios plafonnant la part de l'électricité nucléaire à 50% du mix alors même que la comparaison de ses six scénarios démontrait la supériorité, sur tous les critères, du scénario comportant le plus de nucléaire ».

Pour le think tank, la forte intégration d'énergies renouvelables intermittentes au mix rend le réseau vulnérable aux conditions météorologiques alors même que la France a fait face ces deux derniers hivers à des tensions sur ses moyens de production disponibles, tensions ayant conduit à une augmentation manifeste des prix.

Emmanuel Fages explique que « Au moment de la pointe en hiver, si les conditions météo sont défavorables, la France devient très dépendante des importations des pays voisins. Ce qui fait peser une incertitude sur la sécurité de l'approvisionnement et questionne sur les objectifs de décarbonation. ».

Le scénario dit « N-4 » émanant de l'association prévoit une capacité électrique totale de 200,9 GW, dont 100 GW environ de nucléaire, 30 GW d'hydraulique, 50 GW de solaire, et 22,5 GW environ de capacité en biogaz ou capacité thermiques traditionnelles pour passer la pointe.

Sur la question des coûts le groupe chiffre des investissements nécessaires à 591 milliards d'euros à horizon 2050 contre respectivement 745 et 912 milliards d'euros pour les mix N03 de RTE.

Reste la question de fond : la filière nucléaire a-t-elle la capacité de multiplier les chantiers ? Dans ses propositions à RTE, EDF s'est toujours limité à une proposition industrielle de 14 EPR2 d'ici à 2050. Pour arriver à 24 EPR2 en 2050, il faudrait raccorder au réseau jusqu'à deux réacteurs par an à partir de 2042 mais aux plus grandes heures du plan Messmer, la France a été capable de construire jusqu'à huit réacteurs en une seule année. Pour Xavier Moreno, le défi industriel est réel, mais loin d'être insurmontable s'il est accompagné d'une volonté politique forte et de planification industrielle.

Une question de faisabilité qui ne se limite d'ailleurs pas, selon lui, qu'aux nouveaux réacteurs mais porte aussi sur la prolongation à 70 ans de l'ensemble des centrales existantes. Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire estimait déjà que le scénario N03 prévoyant une prolongation de quelques réacteurs au-delà de 60 ans reposait sur des hypothèses très incertaines. Partir du principe qu'on pourra prolonger tout le parc au-delà de 60 ans est un exercice qui manque cruellement de sincérité et menace nos objectifs climatiques comme notre sécurité d'approvisionnement.


Sources[modifier | modifier le wikicode]

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