Le gruyère AOC n'aura finalement pas de trous

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Les producteurs suisses seront les seuls à pouvoir utiliser l'AOC pour le Gruyère.

17 août 2010. – La bataille de plus de trois ans qui oppose la Suisse à la France sur l'appellation d'origine contrôlée (AOC) du Gruyère vient de se terminer par une victoire helvétique, les producteurs français ayant décidé de renoncer à demander cette reconnaissance à la suite d'un avis de la Commission européenne. Les deux pays produisent, depuis de nombreuses années, deux fromages du même nom mais de goût et de texture très différents, la version française ayant des trous, contrairement à son homonyme suisse.

En décembre 2009, la Suisse et l'Union européenne avaient annoncé avoir signé un projet d'accord sur la reconnaissance mutuelle de trois appellations d'origine (Appellation d'origine protégée AOP, Appellation d'origine contrôlée AOC et Indication géographique protégée IGP), offrant une protection dans l'UE à une vingtaine de produits alimentaires suisses ; seul l'Emmental, au bénéfice en Suisse d'une AOC mais considéré en Europe comme un nom générique, avait été exclu de l'accord. Réciproquement, ce sont près de 800 produits AOP et IGP européens qui seront reconnus en Suisse lorsque cet accord sera ratifié par les deux parties.

L'un des principaux points d'achoppement de cet accord concernait jusqu'alors le Gruyère, sur lequel les négociations entre les deux pays durent depuis plus de trois ans. Une première demande de protection déposée en 2007 par la France avait été suivie par son équivalent suisse quelques mois plus tard. Les deux demandes devaient être traitées simultanément par la Commission européenne. Les experts de cette dernière ont rendu, au printemps 2010, un préavis jugeant le dossier français « peu convainquant » ; le rapport estime en effet que « la zone d'affinage débordait très largement de la zone de production » excluant ainsi le « lien concret entre le fromage et le territoire » indispensable à l'obtention d'une AOC ; dans ce même rapport, la Commission avait alors recommandé à la France de renoncer à sa demande pour se contenter d'une IGP, seul moyen pour les producteurs de continuer à appeler leur fromage « Gruyère ».

Les Français se sont finalement ralliés à cette position et ont informé, ce lundi, l'Interprofession du gruyère de leur décision de renoncer à l'appellation AOC qui devraient donc être accordée à la production suisse uniquement.

Sources