La pression turque monte sur le Kurdistan irakien

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Localisation du Kurdistan

25 octobre 2007. – Ankara est décidée à déloger les rebelles kurdes de leur sanctuaire dans le nord de l'Irak.

Cela fait maintenant quelques semaines que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'armée turque s'affrontent de nouveau directement dans le sud-est de la Turquie, mais les combats ont gagné encore en intensité depuis le dimanche 21 octobre et menacent de s'étendre à l'Irak voisin. Selon l'agence de presse officielle Anatolia, une cinquantaine de tonnes d'explosifs ont été saisis sur le territoire turc et 231 rebelles auraient perdu la vie dans des combats contre l'armée turque depuis le 1er janvier 2007. Or, les forces armées turques affirme avoir tué 64 rebelles durant ces quatre derniers jours seulement - dont 30 lors d'une seule offensive dimanche, contre un groupe qui se préparait apparemment à lancer une opération contre une patrouille militaire ; le même jour, douze soldats turcs perdaient la vie dans une embuscade. Les moyens déployés par l'armée turque sont de plus en plus imposants, et les frappes se rapprochent de la frontière irakienne : le 24 octobre, l'aviation turque a ainsi bombardé des positions rebelles dans la zone frontalière.

Bien qu'ayant obtenu du parlement, le 16 octobre, l'autorisation d'attaquer son voisin du sud pour en déloger les rebelles du PKK qui y auraient installé leurs bases arrières, la Turquie est sous forte pression de la communauté internationale, États-Unis en tête, pour renoncer à ces plans qui risqueraient fort de déstabiliser la seule région irakienne qui échappe au chaos mais qui dépend en grande partie d'investissements turcs pour le développement de ses infrastructures et de son économie. Ankara envisage désormais d'imposer des sanctions économiques à l'Irak afin de forcer les autorités centrales de Bagdad, mais surtout les autorités régionales du Kurdistan irakien dirigée par Massoud Barzani, à collaborer et à déloger les rebelles du PKK, voire à les livrer à la Turquie. Par de telles sanctions, Ankara espère aussi casser la solidarité naturelle entre la population kurde irakienne et le PKK.

Craignant d'être pris sous le feu turc, le gouvernement irakien a déclaré sa volonté de coopérer, tout en soulignant les contraintes logistiques et pratiques qui empêchent de fournir rapidement des résultats. Le président irakien Talabani, lui-même kurde, a ainsi déclaré le 24 octobre que son pays n'était pas opposé à se débarrasser du PKK mais qu'il n'était pas possible d'interpeller les responsables de la rébellion car ils vivent dans la clandestinité et les montagnes avec plusieurs milliers de combattants. Jalal Talabani a également appelé le PKK à quitter le sol irakien et ordonné la fermeture des bureaux du PKK dans la région. Le lendemain, une délégation irakienne emmenée par le ministre de la Défense Abdul-Qader al-Obeidi s'est rendue à Ankara pour tenter de trouver une solution diplomatique à la crise. La Secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a par ailleurs proposé d'organiser, les 2 et 3 novembre prochains à Istanbul, une conférence diplomatique réunissant la Turquie, l'Irak et les États-Unis - juste avant que le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ne s'envole à Washington pour une visite officielle au cours de laquelle il devrait rencontrer le président américain George W. Bush.

Sources