JO de Pékin : les journalistes seront soumis à la censure sur Internet

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31 juillet 2008. – Les journalistes qui seront dépêchés sur place aux Jeux Olympiques de Pékin auront, comme le reste de la population chinoise, l'accès restreint à l'Internet. Ainsi, plusieurs sites seront interdits depuis le sol chinois : Amnesty International ou Reporters sans frontières. Ceci concerne aussi des sites subversifs comme la… BBC.

Kevin Gosper, responsable de la commission presse du CIO, a présenté ses excuses « de ne pas avoir clairement expliqué aux médias qu'ils ne bénéficieraient que d'un accès limité à internet durant les Jeux de Pékin (8-24 août) », écrit l'agence Reuters. « Si les médias internationaux et moi-même avions été informés plus tôt de cet accord sur l'interdiction de certains sites, nous ne serions pas dans cette position où nous avons été, y compris moi-même, pris par surprise. », a-t-il ajouté.

Réponse des autorités chinoises

Les autorités chinoises ont rétorqué qu'un tel accès restreint « n'empêcherait pas les journalistes de couvrir convenablement les Jeux », rapporte la même agence. Elles demeurent inflexibles sur ce point : « Seuls quelques sites sont verrouillés, principalement parce qu'ils enfreignent le droit chinois », indique Liu Jianchao, du ministère des affaires étrangères. « Comme d'autres pays, la Chine gère l'internet en fonction de ses lois. (…) Nous n'autorisons pas l'accès à des sites diffusant des informations illégales ou portant atteinte à nos intérêts nationaux », a-t-il martelé.

Réactions indignées de la presse étrangère

Plusieurs voix dans les milieux de la presse ont protesté contre cette censure imposée par les autorités communistes de Pékin. Ainsi, Philippe Alexandre, dans son billet paru dans Le Bien Public a fustigé ce comportement : « La Chine a odieusement trompé, escroqué, ridiculisé le restant du monde. En la personne du Comité International Olympique (CIO) ».

Sam Brownback, sénateur américain du Kansas, a apporté « la preuve que les grands hôtels de Pékin sont actuellement dotés de logiciels espions afin de traquer toute espèce d'allusion à la liberté sous la plume de nos confrères », ajoute le chroniqueur. Il qualifie de « grands cocus de l'Histoire » les chefs d'État qui se rendront sur place. « Ils feront de grands sourires aux photographes, tandis qu'une espèce de Gestapo chinoise matraquera ceux-ci ».

L'association des journalistes australiens fait le même constat. « Cela promet d'être les jeux Olympiques les plus contrôlés depuis ceux de Berlin en 1936, en ce qui concerne la couverture des jeux et leur contexte social et politique », confie Christopher Warren. « Pékin avait été autorisé à accueillir les JO 2008 à la condition de respecter certains critères d'ouverture, l'un d'eux prévoyant que les journalistes seraient autorisés à rendre compte librement pendant les Jeux », ajoute-t-il dans un communiqué.

Protestation et riposte des ONG

Quelques jours auparavant, Amnesty International avait accusé les « autorités d'utiliser les Jeux olympiques comme un prétexte visant à perpétrer, et dans certains cas à intensifier, les politiques et les pratiques en vigueur conduisant à de sérieuses violations des droits de l'homme ». L'organisation dénonce de nombreuses arrestations à un rythme soutenu des « constestataires » au régime communiste.

Reporter sans frontières, fort de ce constat, donne des conseils divers pour contourner la censure chinoise. Dans un article daté d'hier, il prodigue 9 précautions nécessaires que tout journaliste doit respecter. Parmi elles :

  • l'usage de l'encryptage des courriels notamment par PGP.
  • l'installation, avant de partir en Chine, de logiciels contournant les pare-feux. Ainsi, des programmes comme Tor sont conseillés. Idem pour la version internationale de Skype, et non chinoise.
  • protéger son ordinateur des virus Trojan et installer des codes d’accès. Ne pas laisser ses équipements et contacts professionnels accessibles dans une chambre d’hôtel.
  • avoir plusieurs cartes SIM chinoises et internationales en fonction des correspondants.
  • préférer travailler avec des traducteurs ou des journalistes chinois indépendants ou des journalistes étrangers parlant chinois. Les entreprises chinoises sont liées aux autorités et feront en sorte que les journalistes ne puissent enquêter sur certains points sensibles.

Sources