Israël : Amir Peretz propose une nouvelle « feuille de route » aux Palestiniens

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Carte de l'État d'Israël

9 janvier 2007. – Contesté au sein de sa propre formation politique [1], Amir Peretz, ministre israélien de la Défense dans le cabinet conduit par Ehud Olmert, s'est efforcé de reprendre l'initiative, lundi 8 janvier 2007, en faisant savoir par un de ses conseillers qu'il venait de présenter aux députés de son parti un plan visant à sortir les discussions de paix avec les Palestiniens, gelées depuis la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes du 25 janvier 2006.

Selon cette même source, le ministre aurait également soumis par téléphone les grandes lignes de sa proposition de « feuille de route » au Premier ministre, avant le départ de celui-ci pour une visite officielle en Chine et en aurait également informé la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, elle-même auteur d'un récente proposition en vue de relancer les négociations, sans que l'on connaisse les réactions de ses deux collègues au sein du gouvernement.

Ce plan, que M. Peretz a élaboré en concertation avec le vice-ministre de la Défense Ephraim Sneh, devrait être soumis, à une date indéterminée, à un vote au sein des instances dirigeantes du Parti travailliste. Selon les informations dévoilées à la presse, ce plan s'articule en trois phases, de durées inégales :

  • la première phase, prévue pour durer six mois, consisterait en un démantèlement des colonies juives illégales en Cisjordanie, et impliquerait un cessez-le-feu durable entre toutes les parties, ainsi que la libération de plusieurs soldats israéliens, dont Gilad Shalit [2], détenus par des groupes combattants palestiniens ;
  • la deuxième phase, également d'une durée de six mois, serait consacrée à des négociations sur le statut final des territoires palestiniens, laps de temps durant lequel le contrôle de diverses villes de Cisjordanie, actuellement exercé par l'armée israélienne, serait cédé à l'Autorité palestinienne. Ces négociations ne pourraient avoir lieu qu'avec des personnalités qui, à l'exemple de Mahmoud Abbas, actuel président de l'Autorité palestinienne, reconnaîtraient comme un préalable le droit à l'existence de l'État d'Israël ;
  • la phase finale, d'une durée de dix-huit mois, serait vouée à la mise au point détaillée de l'accord de paix global, et devrait jeter les bases de la création d'un État palestinien indépendant et viable.

Cette annonce intervient alors que se multiplient, au sein du « Ha‘Avoda » (le nom hébreu du Parti travailliste), les appels à la démission de son leader, tandis que, dimanche 7 janvier, l'ancien Premier ministre Ehud Barak faisait un retour remarqué en politique en annonçant son intention de concourir pour le leadership du parti et de remplacer à terme M. Peretz dans ses fonctions de ministre de la Défense.

La révélation du plan élaboré par M. Peretz a provoqué des réactions diverses dans les rangs des députés travaillistes. Ami Ayalon a par exemple annonce sa préférence pour le plan de Mme Livni, pourtant membre d'une autre formation (Kadima). Danny Yatom, quant à lui, a qualifié la proposition de M. Peretz de « plan virtuel et irréaliste », soulignant la non prise en compte de la dyarchie actuelle au sein de l'exécutif palestinien [3]. Ophir Pines-Paz, s'est étonné de la nécessité d'un nouveau plan alors que, selon lui, il aurait été possible d'appliquer de précédentes propositions.

Paradoxalement, M. Peretz a reçu le renfort de deux ministres travaillistes connus pour être des partisans de son rival Ehud Barak. Yitzhak Herzog, ministre du Tourisme, estime ainsi que la « feuille de route » élaborée par le ministre de la Défense pourrait constituer une base pour l'élaboration de la plate-forme diplomatique du Parti travailliste et souligne que son parti a toujours souhaité renforcer les modérés au sein de la direction palestinienne, tandis que le ministre de l'Agriculture, Shalom Simhon, s'est fécitité d'une vision politique qui privilégie le dialogue avec les voisins d'Israël.

Notes

Sources

Sources anglophones