ITER : dernière étape avant le lancement

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Le site de ITER

21 novembre 2006. – Aujourd'hui est signé au palais de l'Élysée (Paris), en présence de Jacques Chirac, du président de la Commission européenne et président d'Euratom, José Manuel Barroso, et du commissaire européen chargé de la Science et de la Recherche, Janez Potocnik, l'accord permettant la construction du réacteur expérimental de fusion nucléaire ITER à Cadarache (Bouches-du-Rhône) entre les sept partenaires du projet (six pays : Chine, Corée du Sud, États-Unis d'Amérique, Inde, Japon et l'Union européenne).

Ce projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor ou réacteur international thermonucléaire expérimental) a pour but de démontrer la faisabilité de la réaction de fusion thermonucléaire puis de la porter vers une mise en production industrielle. En effet, cette réaction, qui suppose la fusion - c'est-à-dire un rapprochement suffisant - de deux noyaux d'hydrogène afin de produire une énergie considérable. Pour donner un ordre de grandeur, 1 kg de combustible utilisé produirait autant d'énergie que ... 10 millions de litres de pétrole, réalisant en cela un substitut pour un carburant en train de s'épuiser alors que la population mondiale va croissant. Ce carburant de fusion (à partir de deutérium et de lithium) est disponible en grande quantité puisqu'il est abondant dans l'eau : un litre d'eau de mer pourrait ainsi engendrer une énergie équivalente à celle d'un litre de pétrole ! En plus de cette abondance de combustible, ce qui n'est pas le cas de la filière nucléaire actuelle utilisant le plutonium ou l'uranium, les déchets radioactifs produits ont une durée de vie moindre, et aucun gaz à effet de serre n'est produit.

D'un point de vue économique, la construction (devant durer 10 ans) à partir de 2008 coûtera aux partenaires du projet 4,6 milliards d'euros. L'Union européenne en financera 50%, dont 10% pour la France, les six autres partenaires apportant chacun 10% de la somme totale. L'exploitation du réacteur, qui durera elle 20 ans, coûtera 4,8 milliards d'euros, financés à 34% par l'UE, dont 7% pour la France, les six autres partenaires apportant chacun 11% de la somme. Le projet devrait engendrer en France, et surtout en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, quelque 3 000 emplois directs et indirects. Durant la phase d'exploitation, 1000 emplois directs - dont 400 scientifiques - étrangers pour les deux tiers, seront créés. Des appels d'offres seront lancés par chacune des parties signataires de l'accord. Les français Air Liquide, Alstom, Areva, Bouygues, l'américain General Electric ou encore le japonais Mitsubishi pourraient être intéressés par ce projet.

Les opposants au projet, parmi lesquels Greenpeace et le réseau Sortir du nucléaire, dénoncent le coût du projet et son absence de résultats garantis, l'estiment "dangereux", "improbable" et indiquent que les déchets produits seront à gérer par les générations futures (un « cadeau empoisonné »)

Voir aussi

Voir sur Wikipédia l'article
ITER.

Sources