George W. Bush pose son veto à l'interdiction de l'usage du waterboarding par la CIA

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George W. Bush avec le directeur de la CIA, Michael Hayden (à droite), et le directeur du renseignement national, John Negroponte (à gauche).

8 mars 2008. – Le président de États-Unis, George W. Bush, a annoncé ce samedi durant son allocation radiphonique hebdomadaire qu'il posait son veto à un projet de loi visant à interdire à la Central Intelligence Agency (CIA) d'utiliser des méthodes d'interrogatoires telles que le waterboarding.

« Parce que le danger subsiste, nous devons nous assurer que nos services de renseignements disposent de tous les outils dont ils ont besoin pour arrêter les terroristes » a déclaré George W. Bush. « Le projet de loi que le Congrès m'a envoyé empêcherait l'utilisation de l'un des outils les plus précieux dans la guerre contre le terrorisme - le programme de la CIA de détention et d'interrogatoire des principaux chefs terroristes et des mouvance. »

Ce projet de loi, adopté par la Chambre des représentants en novembre puis le Sénat en février, malgré que le président ait clairment annoncé qu'il opposerait son veto, encadre les activités de renseignement. Il est notamment prévu de limiter les méthodes d'interrogatoire utilisées par la CIA à celles référencées dans le guide de l'armée américaine.

Parmi les méthodes interdites dans le manuel figurent ainsi le fait d'obliger les prisonniers à se mettre nus ou d'accomplir des actes sexuels, de les passer à tabac, les électrocuter, les brûler, mettre en scène leur exécution, les priver de nourriture ou de soins médicaux ou encore l'utilisation de la technique du waterboarding.

Le waterboarding consiste à verser de l'eau sur un prisonnier dont la tête est couverte par un tissu, de façon à simuler une noyade. Cette technique est considérée comme une forme de torture par de nombreux pays, des organisations de défense des droits de l'homme et les membres du Congrès.

Bien qu'il ne l'ait pas spécifiquement mentionné dans son allocution, le président des États-Unis a fait allusion au waterboarding dans sa déclaration : « Le projet de loi, que le Congrès m'a envoyé, ne consiste pas seulement à interdire un mode particulier d'interrogatoire, comme certains l'ont laissé entendre. Il aurait aussi pour conséquence d'interdires toutes les méthodes que nous avons mises au point pour interroger les plus dangereux et les plus violents terroristes du monde ». George W. Bush a également affirmé que les méthodes habituellement utilisées par les militaires sont conçues pour interroger les « combattants capturés sur le champ de bataille » et non pas les « terroristes endurcis » désormais interrogés par la CIA. « Si nous devions abandonner ce programme et limiter les méthodes de la CIA à celles du manuel de l'armée, nous pourrions perdre des informations essentielles détenues par des responsables d'Al-Qaida, ce qui pourrait coûter des vies américaines. »

Le sénateur du Massachusetts Edward Kennedy a qualifié le veto de George W. Bush comme « l'un des actes les plus honteux de sa présidence ». Dans un communiqué publié vendredi, il a déclaré : « À moins que le Congrès passe outre ce veto, celui-ci restera dans l'histoire comme une flagrante insulte à l'État de droit et une grave atteinte à la réputation de l'Amérique aux yeux du monde ».

Sources


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