France : l'Assemblée accorde sa confiance au gouvernement de Manuel Valls

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Le Parlement a accordé sa confiance au gouvernement (archive)
Le Parlement a accordé sa confiance au gouvernement (archive)

8 avril 2014. – Lors de la première séance du parlement depuis les élections municipales, et donc depuis le changement de gouvernement, le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, a prononcé son discours de politique générale. Il a notamment remercié son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, et adressé ses vœux de rétablissement à Jean-Louis Borloo, qui a annoncé dimanche son retrait de la vie politique.

Il a terminé son discours avec une réflexion très personnelle : « La France a cette même grandeur qu’elle avait dans mon regard d’enfant, la grandeur de Valmy, celle de 1848, la grandeur de Jaurès, de Clemenceau, du général de Gaulle et du Maquis. C’est pourquoi j’ai voulu devenir français, et c’est pourquoi être Premier ministre du gouvernement de la France est un immense honneur pour moi ! Je me dis qu'il y a peu de pays au monde qui permettent à des citoyens nés à l'étranger, qui ont appris les valeurs de la République, de prendre les plus hautes fonctions de l'Etat. C'est pour ça que j'aime profondément ce pays et c'est pour ça que je suis fier de m'adresser à sa représentation nationale. »

Au même moment, Laurent Fabius lisait la même déclaration devant le Sénat. Après un discours de 47 minutes, les députés ont accordé leur confiance au gouvernement, par 306 voix pour et 239 voix contre.

Les annonces
Le Premier ministre dispose d'une large majorité à l'Assemblée
Le Premier ministre dispose d'une large majorité à l'Assemblée

« Nous porterons les allégements du coût du travail à 30 milliards d’ici à 2016 »



« Au niveau du SMIC, les cotisations patronales à l’URSSAF seront entièrement supprimées au 1er janvier 2015 »



« Pour les salaires jusqu’à trois fois et demie le SMIC, c’est-à-dire – ne l’oublions jamais – plus de 90 % des salariés, les cotisations famille seront abaissées de 1,8 point au 1er janvier 2016 »



« Pour relever l’investissement, le Gouvernement agira aussi par la fiscalité. D’abord, en réduisant les impôts de production, comme la contribution sociale de solidarité des sociétés, payée par 300 000 entreprises. Elle sera entièrement supprimée en trois ans. »



« Pour simplifier notre système fiscal, plusieurs dizaines de petites taxes complexes et de faible rendement seront supprimées »



« L’engagement du Président de la République de passer à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025 sera tenu. Il sera inscrit dans la loi sur la transition énergétique, qui sera soumise au Conseil des ministres avant l’été. »



« Je vous propose un changement de rythme pour éviter tout recourt à l'impôt : 50 milliards d'euro d'économies sur trois ans, de 2015 à 2017. (...) L'État et ses agences en prendront la plus grande part »



« Je propose de réduire de moitié le nombre de régions de l’Hexagone (...) Les régions pourront donc fusionner par délibérations concordantes. En l’absence de propositions, le Gouvernement proposera par la loi, après les élections départementales et régionales de mars 2015, une nouvelle carte des régions qui sera établie pour le 1er janvier 2017 »



« Une nouvelle carte intercommunale fondée sur les bassins de vie entrera en vigueur au 1er janvier 2018 »



« Je propose la suppression de la clause de compétence générale. Ainsi, les compétences des régions et des départements seront spécifiques et exclusives »



« Mon dernier objectif consiste à engager le débat sur l’avenir des conseils départementaux. (...) Je vous propose leur suppression à l’horizon 2021 »



Les réactions

Du côté de l'opposition, l'UMP n'a pas été convaincue par les annonces économiques faites par le Premier ministre. À la tribune du Parlement, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, déclarait : « J’imagine la déception des 80 % de Français qui, déjà, ne vous font plus confiance. Ils attendaient du changement. Que voient-ils ? Un gouvernement Valls qui n’est, finalement, qu’un gouvernement Ayrault, avec Valls à la place d’Ayrault. Aucun changement ! Pire, on retrouve Mme Royal et M. Sapin aux responsabilités qu’ils occupaient tous les deux il y a un quart de siècle ! »

L'extrème-gauche ne fut pas plus convaincue, elle juge les annonces faites trop libérales. « Manuel Valls propose de ne rien changer à ce qui vient d'être sanctionné. Il le fait avec brutalité, en enfilant des gants de boxe pour trahir la gauche et les promesses de changement. La déclaration de politique générale de Manuel Valls est le programme rêvé par la droite et le Medef » pense Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF. Pour Jean-Luc Mélenchon, le « message de la sanction n'a pas été entendu ».

Chez les écologistes, qui avaient refusé de participer au gouvernement la semaine dernière, les annonces sur la transition énergétique ont plu. Le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé, a vu des signaux, notamment « très fort sur la décentralisation ».

Le PS soutient bien sûr les déclarations de Manuel Valls, comme le président de la commission des lois du Sénat, Jean-Pierre Sueur : « il y a une série de mesures précises en particulier pour la relance de l'économie et de la justice fiscale. Il y a un engagement fort pour des régions fortes. Or il est temps d'avoir des régions fortes pour l'économie et pour l'emploi ». Mais certains dans l'aile gauche du parti n'ont pas été convaincu, comme le député Pascal Cherki, qui s'est abstenu lors du vote : « Sur la forme, c'était très maîtrisé. Sur le fond, je suis beaucoup plus dubitatif ».

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

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