France : décès de Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes

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Philippe Séguin au congrès des maires de France, en novembre 2005

7 janvier 2010. – Le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, est décédé la nuit dernière à l'âge de 66 ans, des suites d'un infarctus. Homme politique et gaulliste, il a occupé plusieurs postes ministériels ainsi que le « Perchoir » à l'Assemblée nationale. Sa dépouille a été transférée au funérarium dans le nord de la capitale Paris, près de la porte de Clichy.

De la Tunisie à la Cour des comptes

D'origine pied noir, M. Séguin est né en 1943, en Tunisie, peu avant la disparition de son père durant la Seconde Guerre mondiale. Sa carrière politique débuta en occupant plusieurs cabinets ministériel sous les présidences de Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et de François Mitterrand. Sous le deuxième septennat de ce dernier, il s'était opposé au traité de Maastricht sur l'Union européenne. Il a notamment séjourné au Québec, à l'Université du Québec[1], à Montréal, en 1999 en tant que professeur invité à la Faculté de science politique et de droit. Revenu en France, il essuya un échec lors de l'élection municipale à Paris en 2001. En 2004, il occupa enfin le poste de premier président de la Cour des compte, jusqu'à sa mort. Il sera remplacé à ce poste par Alain Pichon, doyen des présidents de chambre de la Cour, en l'attente de la nomination du prochain premier président.

Un homme de courage

Cette nouvelle a créé une vive émotion au sein de l'UMP. L'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, a notamment déclaré : « C'est évidemment une nouvelle qui me bouleverse, parce que Philippe Séguin était un ami très cher, un homme passionné aimant son pays […] pour la France, c'est une grand perte ». « C'était un homme à caractère exceptionnel, il n'avait peur de personne, il résistait à tout, il avait de fortes convictions et beaucoup de courage, beaucoup d'audace […] Non seulement c'était un orateur, mais il avait ce trait de caractère qui faisait de lui une personnalité à fort rayonnement, dont le vide marquera la vie politique pendant des années », a confié Jean-Pierre Raffarin à la presse. L'UMP a rendu hommage au disparu sur son site : « Homme de courage, Philippe Séguin a parfois pris des positions qui n'allaient pas dans le sens des modes et des conformismes. Il fut l'un des premiers et des plus talentueux pour nous rappeler où les dérives technocratiques de l'Europe pouvaient nous conduire. Et, le discours qu'il prononça à la tribune de l'Assemblée nationale lors des débats sur le traité de Maastricht restera comme l'un des plus importants de l'histoire parlementaire et politique de la France ».

La Fédération française de football[2] a immédiatement réagi à l'annonce du décès du haut magistrat. Selon la fédération, il était « un vrai et fin connaisseur du football. Il était un spectateur assidu des matches de l'équipe de France. On le voyait aussi sur tous les stades de l'Hexagone. Il aimait ce sport comme un amateur éclairé et exigeant. Il en était surtout un acteur respecté ».

Parmi ses adversaires, Jean-Marie Le Pen a tenu à saluer « la mémoire de Philippe Séguin. Homme de caractère, Pupille de la Nation, c'était un patriote qui condamnait le traité de Maastricht. Adversaire politique loyal, il s'était mis en marge du monde politique continuant de servir le pays à la tête de la Cour des Comptes ».

Martine Aubry, secrétaire générale du parti socialiste, a appris avec un grande tristesse l'annonce du décès : « C'était un homme que j'appréciais, pour lequel j'ai estime et amitié. J'ai pu apprécier ses engagements gaullistes et son ouverture d'esprit, au-delà de nos différences politiques ». « Avec Philippe Seguin, disparaît un très grand serviteur de l'État qui a eu toute sa vie une passion pour l'intérêt général. C'était un Républicain respecté bien au-delà de son camp qui a profondément marqué la vie politique. Ces dernières années, grâce à son travail admirable à la Cour des comptes, il était devenu pour la République un sage dont la voix était une référence et une boussole », ajoute-t-elle dans un communiqué de presse.

Les Verts ont également rendu hommage au défunt : « Ses prises de position étaient bien souvent opposées à celles que défendent les écologistes, néanmoins, M. Séguin avait le mérite de défendre ses convictions avec droiture, vigueur et de rester fidèle à ses engagements humanistes », ajoutant que « le départ de M. Séguin est un triste nouvelle », note Djamila Sonzogni, porte-parole du parti, dans un communiqué.

Ce soir, le président Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac et le Premier ministre François Fillon se sont recueillis devant la dépouille de Philippe Séguin.

Notes

Sources