Bolivie : six gouverneurs de départements rompent les relations avec le gouvernement d'Evo Morales

Une nouvelle de Wikinews, la source d'informations que vous pouvez écrire.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Carte de la Bolivie
Carte de la Bolivie
Localisation de la Bolivie
Localisation de la Bolivie
Evo Morales, le 13 janvier 2006
Evo Morales, le 13 janvier 2006
Carte des 9 départements de la Bolivie
Carte des 9 départements de la Bolivie

22 novembre 2006. – Les gouverneurs élus de six des neuf départements de la Bolivie ont publié un communiqué commun, dimanche 19 novembre 2006, pour annoncer la rupture de toute relation avec le gouvernement du président Evo Morales

Les six gouverneurs sont tous des élus de l'opposition et dirigent les départements de Santa Cruz, La Paz, Beni, Cochabamba, Tarija et Pando. Ces six départements sont réputés « les plus riches » du pays, puisqu'ils concentrent l'essentiel de sa puissance économique, que ce soit dans les plaines agricoles de l'est du pays ou dans les centres urbains industrialisés comme par exemple autour de La Paz, et concentrent la majeure partie des ressources du pays en gaz naturel.

Les trois départements (Chuquisaca, Oruro et Potosí) dirigés par des élus du Movimiento Al Socialismo (MAS, formation du président Morales), ne représentent que 18,53 % de la population et 20,33 % de la superficie du pays.

Cette tension fait suite à l'élection d'une Assemblée constituante, le 3 juillet dernier et qui a commencé ses travaux le 6 août suivant. Dans cette instance, qui ne se confond pas avec les deux chambres du Parlement bolivien (Sénat national et Chambre des députés), le MAS dispose de 137 sièges sur 255.

Or, à l'instigation probable du président Morales, les députés de son parti à l'Assemblée constituante ont voté, la semaine dernière, un amendement permettant de passer outre la majorité des deux tiers exigée actuellement pour réviser la constitution en permettant l'adoption de changements à la majorité simple. L'opposition de droite et du centre droit a présenté un recours devant la cour constitutionnelle, qui a été rejeté.

Dans le même temps, la Chambre des députés (où le MAS dispose de 72 sièges sur 130) a adopté le projet de loi de réforme agraire élaboré par le gouvernement de M. Morales et transmis le projet en l'état au Sénat national, où l'opposition dispose d'une courte majorité (le MAS ne réunissant que 12 des 27 sièges de sénateurs). M. Morales a clairement agité la menace d'un soulèvement populaire si le projet de loi de réforme agraire continuait à être bloqué : « Si certains législateurs ne veulent pas changer la loi, le peuple se soulèvera pour la changer de force. »

Pour compléter le tableau des troubles institutionnels en Bolivie, il faut citer la réaction de plusieurs opposants à M. Morales, parmi lesquels Samuel Doria Medina, du Frente de Unidad Nacional (FUN) qui avait obtenu 7,8 % des suffrages lors de l'élection présidentielle du 18 décembre 2005 et dont le parti dispose de 8 sièges à la Chambre des députés, d'un siège au Sénat national. Avec plusieurs de ses collègues parlementaires, M. Doria Medina a entamé un grève de la faim, jeudi 16 novembre, dans les locaux du parlement bolivien à Sucre, la capitale constitutionnelle du pays.

Sources

Sources anglophones
Sources francophones