Mauritanie : premier tour de l'élection présidentielle

Une nouvelle de Wikinews, la source d'informations que vous pouvez écrire.
Aller à : navigation, rechercher

12 mars 2007. – Le processus de transition démocratique se poursuit en Mauritanie. 1,1 million d'électeurs étaient appelés aux urnes, dimanche 11 mars 2007, pour le premier tour de l'élection présidentielle.

Déroulement du scrutin

Selon les résultats partiels, la participation aurait dépassé 60 % des électeurs inscrits, sans atteindre le niveau atteint en novembre dernier pour les élections législatives, où 69 % des inscrits s'étaient rendus dans les bureaux de vote.

Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote, il semble que, faute pour aucun candidat d'avoir atteint la majorité absolue des suffarges exprimés lors de ce premier tour, on s'achemine vers un second tour, le dimanche 25 mars, qui verra s'affronter les deux candidats arrivés en tête dimanche.

Selon les résultats définitifs publiés par les autorités mauritaniennes lundi soir, l'ancien ministre Sidi Ould Abdallahi, représentant le l'ex-majorité présidentielle, aurait remporté 24,79 % des suffrages, tandis que son concurrent le mieux placé, Ahmed Ould Daddah, représentant de l'ex-opposition, est crédité de 20,68 % des voix, et que la « troisième place du podium » revient à Zeine Ould Zeidane, candidat indépendant et ancien gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, crédité de 15,27 % des voix.

Localisation de la Mauritanie

Le processus de transition vers des institutions démocratiques, annoncé peu après le coup d'État qui avait renversé, le 3 août 2005, l'ancien président autocrate Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya [1], semble donc se poursuivre dans le calme, selon le calendrier annoncé par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, chef de la junte militaire et président de la République qui, fait notable, avait exclu toute participation aux élections des militaires dirigeant le pays depuis 2005. Le premier acte de ce processus de transition démocratique avait consisté en l'adoption par référendum d'une nouvelle constitution, en juin 2006. Les 19 novembre et 3 décembre suivants avaient eu lieu les deux tours des élections législatives puis, en janvier dernier, l'élection d'un Sénat. L'élection présidentielle des 11 et 25 mars devant constituer la clef de voûte de l'ensemble et le parachever.

Le colonel Vall s'était publiquement réjoui de la réussite du processus de transition démocratique voulu par le Conseil militaire pour la justice et la démocratie et a estimé que les militaires n'auraient plus lieu, désormais, d'interférer dans les affaires de l'État, et a appelé le futur président de la République à « poursuivre le processus de changement et consolider ce qui a été accompli ».

Les observateurs internationaux

Carte de la Mauritanie

De nombreux observateurs internationaux s'étaient rendus en Mauritanie pour y surveiller la sincérité du scrutin. L'Union européenne avait ainsi délégué une mission d'observation de 81 membres, présidée par Marie-Anne Isler-Béguin, qui a indiqué qu'aucun incident sur la régularité des opérations de vote n'avait été signalé à la mission, et a considéré que, pour la première fois de son histoire [si l'on excepte les précédents scrutins depuis juin 2006], le peuple mauritanien avait pu voter librement, san sintervention extérieure.

L'Union africaine avait elle aussi dépéché une mission d'observation, présidée par Vijai Makhan, qui a estimé que des progrès substantiels avaient été accomplis dans la conduite des opérations, par rapport aux législatives de novembre, pourtant déjà considérées comme n'ayant pas posé de problème particulier.

Les États-Unis avaient également composé une mission d'observation de l'élection présidentielle mauritanienne, dirigée par Linda Thomas-Greenfield, haut fonctionnaire au sein du Bureau des affaires africaines du département d'État, mission composée d'Américains et de Mauritaniens et incluant 15 étudiants américains. S'exprimant lundi matin à l'ambassade américaine à Nouakchott, Mme Thomas-Greenfield a notamment estimé que le scrutin s'était déroulé « dans des conditions satisfaisantes » et que la transition vers des insitutions démocratiques constituerait « un modèle pour les pays qui veulent instaurer des systèmes libres ».

Enfin, l'Organisation internationale de la Francophonie avait mis sur pied une mission composée de 11 personnalités et dirigée par Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, arrivée à Nouakchott jeudi 8 mars et censée y séjourner jusqu'au 15 mars.

18 candidats

Drapeau de la République islamique de Mauritanie

Dix-neuf candidats avaient été initialement enregistrés pour participer à ce premier tour mais, dans les derniers jours de la campagne électorale, l'un des candidats, Mohammed Lémine Ch'Bih, leader du Front populaire, avait choisi de se retirer pour soutenir la candidature de Sidi Ould Abdallahi.

Les dix-huit candidats restants étaient soit étiquetés comme « indépendants », mais émanant en fait de l'ancienne majorité présidentielle, soit clairement issus des rangs de l'ancienne opposition. Seuls semblaient avoir des chances réelles :

  • Sidi Ould Abdallahi, ancien ministre durant le long « règne » de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya et soutenu par le Parti républicain démocratique pour le renouveau (PRDR) [2], par l'Union pour la démocratie et le renouveau (UPDR), le Rassemblement pour la démocratie et l'unité (RDU) et divers « indépendants » issus des rangs de l'ancien PRDS, l'ensemble de ces formations et personnalités indépendantes contrôlant, selon les estimations, environ 54 des 95 sièges de l'Assemblée nationale élue en novembre et décembre ;
  • Ahmed Ould Daddah, quant à lui, est le frère de Moktar Ould Daddah, qui fut président de la Mauritanie sans interruption de 1961 jusqu'à son renversement en 1978 par un coup d'État militaire. Ahmed Ould Daddah préside le Rassemblement des forces démocratiques (RFD), formation qui a remporté la majorité en sièges lors des précédents scrutins à Nouakchott ;
  • Mohamed Ould Maouloud, président de l'Union des forces de progrès (UFP) ;
  • Messaoud Ould Boulkheir, président de l'Alliance progressiste du peuple (APP) et Haratine (descendant des anciens esclaves).
Armes de la République islamique de Mauritanie

Les trois candidats soutenus respectivement par le RFD, l'UFP et l'APP sont issus des rangs de la Coalition des forces pour le changement démocratique (CFCD), regroupement multipartite qui, à l'Assemblée, disposerait de 41 sièges.

Les divers candidats « indépendants », parmi lesquels on peut compter Zeine Ould Zeidane, ancien gouverneur de la Banque centrale, étaient issus des rangs de la « Convention » (El-Mithaq}}), bloc parlementaire groupant 17 partis et contrôlant les 54 autres sièges de l'Assemblée.

Une inconnue réside dans l'attitude qu'adopteront les islamistes, particulièrement influents en Mauritanie, et notamment les Frères musulmans. La campagne électorale a en effet été marquée par la question des relation existant entre la République islamique de Mauritanie et l'État d'Israël.

Une analyse sommaire des forces en présence laisse à penser que Sidi Ould Abdallahi, qui bénéficie déjà d'une certaine avance sur Ahmed Ould Daddah, et semble susceptible de recvoir le soutien du candidat arrivé en troisième position, pourrait bénéficier, dans deux semaines, d'une avance relativement confortable.

Notes

Sources

Sources francophones
Sources anglophones



Protectbriefcase.gif Cet article est archivé et n'est plus librement éditable. Vous pouvez demander des rectifications (interwiki à ajouter, retirer ou modifier, orthographe, grammaire ou autre) dans la page Wikinews:Intervention sur une page archivée.